0407 Outreau et la parole des enfants
Le procès d’Outreau qui s’est déroulé ces mois de mai-juin a été largement rapporté dans les médias et débattu sur la place publique. De quoi s’agissait-il ? Des enfants violés et abusés par leurs parents avaient aussi dénoncés faussement 7 autres adultes comme leurs bourreaux.
Cette sombre histoire a réactivé un vieux débat : « Que vaut la parole des enfants victimes ? ». Depuis quelques années les services de police et de gendarmerie, les juges d’instruction ont fait d’énormes efforts pour que la parole de l’enfant soit prise en compte. Le rebondissement du procès d’Outreau nous a montré les imperfections du système judiciaire, certes, mais surtout il a remis en cause le prix donné à la parole des enfants. Certains journalistes ont même posé crûment la question : « Faut-il croire les enfants ? ».
Que faut-il retenir de cette histoire, pour nous qui prions pour les enfants maltraités, violés, battus, mal aimés …, nous qui chaque jour demandons au Seigneur que cet enfant, si cher à notre cœur dans la prière, connaisse enfin la paix et l’Amour ?
Tout d’abord : ces enfants d’Outreau ont VRAIMENT été victimes, ils ont VRAIMENT subi l’insupportable.
Ensuite des bourreaux existent bien : ce sont leurs parents, ceux qui devaient les protéger, leur montrer le plus d’amour qui ont brisé à jamais leur vie.
Alors pourquoi dénoncer d’autres personnes ? C’est là le plus inimaginable : ces enfants aiment leurs parents, malgré tout. Quel paradoxe ! Aimer celui qui vous maltraite, qui vous viole, qui ne vous aime pas. Aimer contre toute logique ! Pourra-t-on jamais imaginer la souffrance de ces enfants, leur solitude, écartelés qu’ils sont entre la haine et l’amour, entre le besoin d’un geste de tendresse et la terreur de l’agression.
Ne jugeons pas ces enfants, ils sont d’abord victimes.
Et regardons vers le Christ : n’a-t-il pas aimé celui qui le maltraitait, le flagellerait, le chargeait de la croix, le fouettait, le clouait sur le bois, le perçait de la lance, et tout ceux qui le voyaient passer en l’insultant ou en le méprisant. N’a-t-il pas aimer ses bourreaux, ne nous a-t-il pas aimer au risque de sa vie, au don de sa vie.
Et Notre Père qui ne cesse de nous aimer malgré tous nos péchés, toutes les maltraitances que nous lui faisons subir et qui lui explose le cœur, ce cœur embrasé d’Amour pour nous.
Ne jugeons pas ces enfants. Dieu est avec eux, au cœur de leur souffrance mais aussi au cœur de cet amour qu’ils ont pour leurs bourreaux. Il est avec chacun d’entre nous passionnément. Dieu n’est qu’Amour et Il nous aime TOUS jusqu’en notre petitesse.
Mona - juillet 2004