Seigneur, envoie-moi un signe ! 

IMG_6289Bonjour à tous et à toutes.

Notre petite chaine de prière regroupe aujourd’hui plus de 570 priants … Discrètement, avec délicatesse, Dieu nous guide sur un chemin de miséricorde et nous fait prendre part à cette immense prière qui monte jusqu’à Lui et que l’Esprit nous suggère.

Un mail reçu me donne de vous écrire ce petit éditorial : " A mon humble avis, il est important, quand même, pour un chrétien de savoir si sa prière a abouti... ou fait changer les choses. Notre prière est, dans la foi, toujours efficace, même si le résultat ne se réalise pas toujours selon nos conceptions humaines  mais selon la volonté de notre Père, infiniment bon, qui ne veut pour nous tous que le "meilleur".Car, lorsque nos demandes et nos souhaits ont abouti, et si nous le savons, en toute discrétion évidemment comme il se doit, nous pouvons alors être dans la louange et la joie, et notre Père aime cela.

En communion de prière, E.

 

Comme E., nombre d’entre vous nous demandent des nouvelles de l’enfant confié, voire de l’adulte : que devient-il ? Vit-il mieux ? Ses tourments ont-ils cesser ? Et cet adulte, a-t-il enfin mesuré sa petitesse ? A-t-il demandé pardon ? Tant de questions. Nous croyons en Dieu, en l’effet de la prière, mais il nous faut des signes.

Sans ces signes tant attendus, nous sommes dans l’expectative …et si notre prière ne portait pas de fruit ! Et si cet enfant continuait à souffrir … … " non pas cet enfant que je porte tous les jours dans la douceur de ma prière, que je dépose sur l’autel à chaque eucharistie. Non, Seigneur, pitié pour lui ! "

J’avoue avoir aussi demandé un signe … il y a 11 ans lorsque à force de réfléchir à comment aider, davantage encore, ces enfants que je pouvais croiser dans ma vie professionnelle, je suis allée à Paray le Monial. Trois jours à prier devant le Saint Sacrement, adorant le Cœur du Christ, demandant s’il fallait aller plus avant dans cette petite œuvre de prière. Ne pas savoir, ne pas oser suivre ce pressentiment que le Seigneur avait mis en mon intime, ne pas trouver en mon cœur la confiance absolue en ce que Dieu me demandait. J’avais besoin d’un signe … "Seigneur, donne-moi un signe, et je suivrai ta route, j’obéirai ".Trois jours de jeûne et de prière, et de larmes. En reprenant le train, je quittais Paray, triste, épuisée, déchirée entre cette demande insistante que Dieu m’avait faite et mon attente obstinée d’un signe.

Rentrée dans ma paroisse, une rencontre avec Père Bruno, mon père spirituel, m’a fait doucement comprendre que la foi seule suffisait et que le plus important était de faire la volonté de Dieu. Alors, un genou à terre, j’ai accepté. Dans la foi, le Seigneur m’avait progressivement amenée à répondre à son appel. Les personnes à qui je m’étais ouverte de ce projet ont tout de suite dit oui pour former une petite équipe de rédaction et Père Bruno acceptait d’être le prêtre-accompagnateur de l’UEDLP. A la messe du lendemain, nous avions prévu notre première annonce et de fait les premiers priants nous rejoignaient.

Mais ma foi n’étant que faiblesse, après une réunion de travail tardive, je décidais de me rendre, bien qu’il soit très tard, dans un oratoire accessible à cette heure avancée du soir. Après avoir accepté le matin, trouvé une équipe et un prêtre, prévu le lancement le lendemain d’UEDLP, je me retrouvais face au Saint Tabernacle, demandant encore un signe… : "Seigneur, j’ai accepté de répondre à ta demande mais si c’est vraiment ta demande, envoie-moi un signe, fait que quelqu’un vienne prier à l’instant dans cet oratoire !".Alors devant tant d’incrédulité, j’ai enfin reçu un signe : une personne est entrée dans cet oratoire, au cœur de la nuit. Le Seigneur avait eu pitié de moi et surtout de mon manque de foi.

Un témoignage cependant peut nous réconforter : une enseignante qui nous avait demandé de trouver un priant pour un jeune garçon qui était en souffrance, a vu quelques jours après que l’enfant soit confié, une très nette amélioration dans le vécu de ce jeune qui a recommencé à sourire et à vouloir accepter de l’aide.
Sinon, rien d'autre .... mais notre prière a-t-elle besoin de ces signes, a-t-elle besoin de savoir si l'enfant va bien ou pas ? Notre prière est en communion avec les Saints, elle est confiante en l'Amour de Dieu et elle sait que Dieu peut tout. Ce que nous ne pouvons voir ou savoir est toujours dans la main de Dieu. Dieu est Père et il sait plus que nous ce qui est bien et bon pour chacun de ses enfants.

N'est-il pas le sens de la totale gratuité de notre prière que d'en abandonner le fruit  à Dieu seul ;  n'est-il pas de Lui rendre grâce pour l'humilité qu'Il a de nous donner de prier ?

Faut-il toujours mesurer notre louange et ce que nous savons, ou bien la laisser s'épanouir à la seule pensée de l'envergure de l'œuvre de Miséricorde de Dieu ?

Mais si vous êtes comme moi, à demander quand même un signe, alors posons-nous la question de ce qui a changé en nous, dans notre prière.

Aurions-nous été capable de prier pour un maltraitant comme nous le faisons aujourd'hui ? Aurions-nous été capable de suivre ce chemin de conversion du cœur qui, confronté à nos propres faiblesses, nous donne de mesurer, un petit iotas de plus, l'incommensurable Miséricorde de Dieu pour nous tous.

Le signe n'est-il pas tout simplement le chemin parcouru dans notre vie, notre prière, notre foi ? Certains nous ont d’ailleurs témoigner avoir retrouver le goût de la prière journalière.

Nous sommes plus de 550 aujourd'hui à être chaque jour un peu plus des petites flammes de miséricorde qui brillent dans les ténèbres de l'incrédulité. Nous sommes plus de 550 petits signes qui démontrent que Dieu nous aime plus que tout. Vous êtes pour moi plus de 550 petits signes de sa Lumineuse Miséricorde.

Alors que notre prière commune s'élève dans un humble chant  de louange à Notre Dieu Trois fois Saint. Pardon pour notre manque de foi, Seigneur ! Merci Seigneur pour tant de bonté ! Merci Père !

Mona

 

 Et tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l'obtiendrez. "

Matthieu  21,22

 

" Les autres disciples dirent à Thomas : ' Nous avons vu le Seigneur ! ' Mais il leur dit : ' Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, ..., non, je ne croirais pas '. Huit jours après ... "

Jean 20,24


Donc aujourd'hui, moi du moins, je n'ai pas besoin de signes. Pourquoi ? C'est que j'ai appris à avoir foi dans le Seigneur, indépendamment de tout signe. L'infidèle a besoin de garantie ; mais moi qui suis un fidèle, je n'ai besoin ni de garantie, ni de signe ; bien que je ne parle pas une langue miraculeusement, je sais que j'ai été purifié de mes péchés. Les hommes d'alors n'auraient pas cru, s'ils n'avaient pas reçu un signe; voilà pourquoi des signes leur furent donnés comme garantie de la foi qu'on leur demandait. Pour prouver que ce n'était pas aux fidèles, mais aux infidèles que des signes étaient donnés, afin de les rendre fidèles, Paul dit : " Les signes ne sont pas pour ceux qui croient, mais pour ceux qui ne croient pas " (I Cor., XIV, 22). Comprenez-vous que Dieu ne nous fait pas outrage, que c'est au contraire par estime pour nous qu'il a supprimé la manifestation des signes ? Il a voulu montrer que notre foi est indépendante des garanties et des signes, voilà pourquoi Dieu a fait ce qu'il a fait : les hommes d'autrefois demandaient avant tout un signe, une garantie pour croire Dieu  sur les choses invisibles ; mais moi, indépendamment de tout cela, je montre une foi entière : Voilà donc pourquoi il n'y a plus de signes aujourd'hui. 

Saint Jean Chrysostome (354-407)

Extrait de la Première Homélie sur la Pentecôte