2009-2010 Une Année sacerdotale 

 

st_Jean_Marie_VianneyLe 19 juin dernier, en la solennité du Sacré Cœur, Journée de la sanctification sacerdotale, notre Pape a ouvert l’Année sacerdotale, à l’occasion du 150e anniversaire de la mort du saint curé d’Ars.

Benoît XVI a déclaré à cette occasion : « Puisse cette nouvelle année jubilaire constituer une occasion propice pour approfondir la valeur et l’importance de la mission sacerdotale et pour demander au Seigneur de faire à son Eglise le don de nombreux et saints prêtres. »

 

Mais quel rapport avec notre action UEDLP ?

Notre prière pour les enfants maltraités et aussi celle pour les personnes qui sont auteurs de maltraitance. Parmi ces personnes, et les derniers événements en Irlande nous l’ont rappelé, il se trouve des prêtres. Depuis des années déjà ( comme lors de l’Assemblée des Evêques de France  à Lourdes en 2000 ) l’Eglise a décidé de ne plus protéger les prêtres coupables de pédophilie et de les amener, par la conversion et la repentance, à se livrer à la Justice. Depuis un long chemin pour l’Eglise, chemin certes douloureux mais surtout salvateur, s’est engagé pour faire la vérité ( comme en 2002 pour les prêtres aux Etats-Unis ).

Bien sûr, en tant que membres de l’Eglise, membres du corps du Christ, nous sommes  particulièrement affectés par la pauvreté de ces prêtres.

Mais malgré la fragilité des hommes face au péché, Dieu de toute Miséricorde continue, au delà de notre propre entendement, à faire confiance et à appeler des hommes à son service.

 

Permettez - nous de citer un long extrait de la lettre que Benoît XVI a adressé aux prêtres à l’occasion de l’ouverture de cette année sacerdotale :

« Le Sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus », avait coutume de dire le Saint Curé d’Ars. Cette expression touchante nous permet avant tout d’évoquer avec tendresse et reconnaissance l’immense don que sont les prêtres non seulement pour l’Église, mais aussi pour l’humanité elle-même. Je pense à tous ces prêtres qui présentent aux fidèles chrétiens et au monde entier l’offrande humble et quotidienne des paroles et des gestes du Christ, s’efforçant de Lui donner leur adhésion par leurs pensées, leur volonté, leurs sentiments et le style de toute leur existence. Comment ne pas mettre en évidence leurs labeurs apostoliques, leur service inlassable et caché, leur charité ouverte à l’universel ? Et que dire de la courageuse fidélité de tant de prêtres qui, bien que confrontés à des difficultés et à des incompréhensions, restent fidèles à leur vocation : celle d’« amis du Christ », qui ont reçu de Lui un appel particulier, ont été choisis et envoyés ?

Mais l’expression utilisée par le Saint Curé évoque aussi le Cœur transpercé du Christ et la couronne d’épines qui l’entoure. Et notre pensée se tourne alors vers les innombrables situations de souffrance dans lesquelles sont plongés bien des prêtres, soit parce qu’ils participent à l’expérience humaine de la douleur dans ses multiples manifestations, soit parce qu’ils sont incompris par ceux qui bénéficient de leur ministère : comment ne pas nous souvenir de tant de prêtres bafoués dans leur dignité, empêchés d’accomplir leur mission, parfois même persécutés jusqu’au témoignage suprême du sang ?

Il existe aussi malheureusement des situations, jamais assez déplorées, où l’Église elle-même souffre de l’infidélité de certains de ses ministres. Et c’est pour le monde un motif de scandale et de refus. Ce qui, dans de tels cas peut être surtout profitable pour l’Église, ce n’est pas tant la pointilleuse révélation des faiblesses de ses ministres, mais plutôt une conscience renouvelée et joyeuse de la grandeur du don de Dieu, concrétisé dans les figures splendides de pasteurs généreux, de religieux brûlant d’amour pour Dieu et pour les âmes, de directeurs spirituels éclairés et patients. A cet égard, les enseignements et les exemples de saint Jean-Marie Vianney peuvent offrir à tous un point de référence significatif : le Curé d’Ars était très humble, mais il avait conscience, comme prêtre, d’être un don immense pour son peuple : « Un bon pasteur, un pasteur selon le cœur de Dieu, c’est là le plus grand trésor que le bon Dieu puisse accorder à une paroisse, et un des plus précieux dons de la miséricorde divine ». Il parlait du sacerdoce comme s’il ne réussissait pas à se convaincre de la grandeur du don et de la tâche confiés à une créature humaine : « Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! s’il se comprenait, il mourrait... Dieu lui obéit : il dit deux mots et Notre Seigneur descend du ciel à sa voix et se renferme dans une petite hostie... ». Et, pour expliquer à ses fidèles l’importance des sacrements, il disait : « Si nous n’avions pas le sacrement de l’Ordre, nous n’aurions pas Notre-Seigneur. Qui est-ce qui l’a mis là, dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ ? Le prêtre, toujours le prêtre. Et si cette âme vient à mourir [à cause du péché], qui la ressuscitera, qui lui rendra le calme et la paix ? Encore le prêtre... Après Dieu, le prêtre c’est tout... Le prêtre ne se comprendra bien que dans le ciel ». Ces affirmations, jaillies du cœur sacerdotal du saint curé, peuvent nous sembler excessives. Elles manifestent toutefois en quelle haute considération il tenait le sacrement du sacerdoce. Il semblait submergé par le sentiment d’une responsabilité sans bornes : « Si l’on comprenait bien le prêtre sur la terre, on mourrait non de frayeur, mais d’amour ... Sans le prêtre, la mort et la passion de Notre-Seigneur ne serviraient de rien... C’est le prêtre qui continue l’œuvre de Rédemption, sur la terre... A quoi servirait une maison remplie d’or, si vous n’aviez personne pour ouvrir la porte ? Le prêtre a la clef des trésors célestes : c’est lui qui ouvre la porte ; il est l’économe du bon Dieu, l’administrateur de ses biens.... Laissez une paroisse vingt ans sans prêtre : on y adorera les bêtes... Le prêtre n’est pas prêtre pour lui... il est pour vous ».

¤ Notre prière avec le saint curé, si vous le voulez bien, sera aujourd’hui d’abord pour tous ces prêtres qui se sont égarés, pour tous ceux dont la faiblesse de la chair et l’infidélité aux règles du sacerdoce ont fait souffrir des enfants, ont blessé l’Eglise par la voie du scandale, ont détourné les plus indécis ou les plus fragiles vers d’autres religions, vers d’autres croyances, voire vers l’athéisme.

 

¤ Notre prière avec Saint Jean-Marie Vianney aussi pour les enfants qui souffrent, pour ces enfants devenus adultes qui portent dans leur chair et dans leur mémoire le poids du péché des ministres. Notre prière pour que leur cœur s’ouvre au pardon et à la Miséricorde pour eux et pour ceux qui les ont blessés.

 

¤ Notre prière enfin pour tous les prêtres et pour notre Eglise et que chacun d’entre nous, membre du Corps du Christ, puissions à l’instar du Curé d’Ars s’écrier du fond du cœur :

« Mon Dieu, faites-moi la grâce de vous aimer autant qu’il est possible que je vous aime »


Méditons et prions avec saint Jean-Marie Vianney :

 « Ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon ; mais c’est Dieu lui-même qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui. Ce bon sauveur est si rempli d’amour pour nous qu’il nous cherche partout ! »

 « Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu’elles sont les œuvres des hommes, et la sainte messe est l’œuvre de Dieu »

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Prière du Curé d’Ars

Je vous aime, ô mon Dieu,
et mon seul désir est de vous aimer
jusqu'au dernier soupir de ma vie.
Je vous aime, ô mon Dieu infiniment aimable,
et j'aime mieux mourir en vous aimant
que de vivre un seul instant sans vous aimer.
Je vous aime, Seigneur,
et la seule grâce que je vous demande,
c'est que mon cœur vous le répète autant de fois que je respire.
Mon Dieu, faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant
et de vous aimer en souffrant.
Je vous aime, ô mon divin Sauveur,
parce que vous avez été crucifié pour moi ;
je vous aime, ô mon Dieu,
parce que vous me tenez ici-bas crucifié pour vous.
Je vous aime.
Mon Dieu, à proportion que je m'approche de ma fin,
faites-moi la grâce d'augmenter mon amour et de le perfectionner.