Ce 15 février, fête de Saint Claude la Colombière, nous fêtons les 9 ans de notre humble chaîne de prières. Encore merci à tous et à chacun des 453 priants qui nous ont rejoints dans cette belle mission de devenir prière pour les enfants en souffrance et les adultes maltraitants.

Que dans ce temps de Carême où l’Esprit nous mène au désert, l’intercession de Saint Claude, confesseur de Sainte Marguerite-Marie - disciple du Sacré Cœur - , permette à tous de laisser le Seigneur Notre Dieu œuvrer dans nos vies et que nos cœurs deviennent de toutes petites flammes de Miséricorde pour aimer comme Lui nous aime.

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Aimer comme …

 

IMG_2211Voici un autre mot reçu. Notre but n’est pas de nous lancer dans un « courrier des lecteurs », mais ces quelques mots disent bien la tonalité des réactions, des questions que notre intercession pose à chacun. C’est l’occasion de préciser, et tenter de mieux traduire l’intuition d’UEDLP.

 

« Venant de recevoir le bulletin n°40, j’avoue ne pas très bien comprendre la réaction d’Albert peut-être parce que je ne ressens pas trop la difficulté à prier pour « mon » bourreau (en reprenant le terme employé par le Père Bruno – le « mon » étant celui que vous avez recommandé à ma prière). Peut-être est-ce parce que je me sens tout aussi pécheur que lui … même si ce n’est pas dans le même domaine.

Et puis dans le pater, ne demandons-nous pas à Notre Père de nous pardonner comme nous pardonnons tandis que le « Je confesse à Dieu » nous demandons à nos frères de prier pour nous.

C’est peut-être prier pour la 3ème personne comme le rappelle Père Bruno, c'est-à-dire pour moi, que j’aurais le plus de difficulté …

Un grand merci à Florence pour sa très belle prière et son quatrième paragraphe rédigé par le Père Bruno.  Pierre-Louis. »   

Permettez-nous quelques remarques :

- D’abord, les avis divergents sont tous légitimes, nous sommes en chemin. L’Évangile nous invite tous à progresser, à nous convertir. L’expression de nos avis partagés permet d’entendre peut-être un peu plus ce que l’Esprit dit à notre cœur, comme dans l’Apocalypse, ce qu’il dit aux Eglises.

- Rappel, par discrétion, tout prénom est changé : le prénom inventé permet seulement de savoir si l’auteur est masculin ou féminin.

- Surtout, pour nous, l’avis d’Albert est infirment recevable. « Prier pour la deuxième personne » n’est pas évident. Cela relève du commandement du Seigneur. Y réussir demande à être sauvé, à se laisser sauver, à aimer l’autre comme Jésus l’aime.

- Du reste l’avis de Pierre-Louis est son symétrique. Il faut aimer son prochain comme soi-même. Quand certains ont du mal à prier pour le méchant, le 2ème, d’autres ont du mal à prier pour le 3ème, pour eux-mêmes !

- En fait, tous savent prier pour le 1er, l’enfant maltraité. Et quand certains ont du mal à prier pour le 2nd, d’autres ont du mal à prier pour le 3ème. Certains ont du mal à aimer les méchants, d’autres ont du mal à s’aimer soi-même. Le salut, c’est d’arriver à « aimer l’autre comme soi-même et comme le Seigneur l’aime et m’aime ».

- Le commandement de Jésus qui nous invite à prier pour nos ennemis et nos persécuteurs est fait

o non pas pour informer Dieu de la situation. Il la connait et son amour ne nous a pas attendus pour donner son sang autant pour les victimes que pour les coupables,

o non pour d’abord changer ces autres,

o mais déjà pour nous ouvrir les yeux, à nous même, sur notre pauvre amour,

- incapable de nous aimer nous même comme lui-même nous aime,

- incapable d’aimer les méchants comme lui même les aime.

- En fait, si je peux me permettre, ce qui est le plus juste théologiquement chez Pierre-Louis, c’est :

o d’abord sa référence aux prières du Seigneur et de l’Eglise, modèles et maitresses de toutes justes prières,

o la découverte que, pour des réalités bien différentes, « je me sens tout aussi pécheur que lui ».

- C’est toute l’histoire et l’unique histoire des pharisiens et des publicains. Dans notre monde marqué par le péché, il n’y a que :

o des méchants pécheurs qui ont vraiment du mal à se mettre en route,

o des gentils croyants qui sont quasiment tous, comme le dit Jésus, « sépulcres blanchis », c’est à dire beau dehors, mais sans miséricorde dedans pour les autres, les pécheurs, les gros pécheurs publics.

- De ces gentils croyants, deux solutions :

o soit ils sont bons… comme Dieu est bon, et vont donc suivre Jésus en sa folle, en son excessive miséricorde pour les méchants pécheurs,

o soit ils ne sont pas bons comme Dieu est bon, incapables de vouloir pour les méchants pécheurs la miséricorde du Seigneur. Finalement et logiquement, comme ils ne sont pas bons comme Dieu est bon, ils ne sont pas bons du tout. Ils sont pécheurs et sans miséricorde, condamnables et condamnés. Et comme ils ne veulent pas la miséricorde pour les pécheurs, les autres pécheurs publics, il ne peut y avoir non plus de miséricorde pour eux, pécheurs privés !

- Et cette clef, c’est tout l’esprit d’UEDLP. Si peu à peu, confrontés à ces difficultés de l’appel à la prière universelle, nous voyons où ces questions nous emmènent, alors soit nous décrochons, soit nous changeons. Ce ne sera peut-être pas la 1ère ou la 2ème personne qui changera mais nous même qui deviendront plus et vrais disciples du Seigneur de toute miséricorde. Ce ne sera plus nous qui vivrons en nous, mais le Christ qui vivra en nous, et nous pourrons, en ce temps, servir la guérison des 1ers et 2nds.

- Et finalement, le mot important de la Bible et de l’Évangile, n’est pas le mot aimer. Il est galvaudé, mis à toutes les sauces, même les plus tristes et sales. Le mot important dans la bouche de Jésus, c’est le mot comme.

 

Père Bruno

 

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Ø Certains priants nous demandent s’il faut continuer de prier pour l’enfant qui leur a été confié, car devenu grand voire lui-même adulte, et demandent éventuellement qu’un autre prénom leur soit confié :

 

Même s’ils sont devenus adultes, ces « enfants » ont toujours besoin du soutien de notre prière. La blessure demeure, elle reste profonde des années, parfois même toute une vie. Ils ont aussi besoin de notre prière pour que leur cœur s’ouvre au pardon, se convertisse pour aimer la personne qui leur a fait du mal. Aux yeux de Dieu ils restent des enfants comme nous tous enfants d’un même Père.


Ø D’’autres nous écrivent pour avoir des nouvelles de l’enfant qui est confié à leur prière ou souhaiteraient rentrer en contact avec lui.

 

À cela nous ne pouvons répondre que "confidentialité et distance" .

Des éducateurs, psychologues, enseignants, infirmières… tout en conservant le secret professionnel, acceptent de nous confier seulement des prénoms. D’autres personnes au hasard de rencontre se confient… vous mêmes connaissez-vous peut-être tel ou tel prénom d’enfant ( ou de maltraitant )... Nous ne pouvons donc pas vous donner de plus amples renseignements sur ces enfants - la plupart du temps nous ne connaissons nous-mêmes que leur prénom - et dans le cas où nous en saurions plus, vous comprendrez aisément que la confidentialité doit être totale pour le bien de ces enfants.

Notre seule action pour eux est la prière. Votre prière, notre prière, est celle des membres du Corps du Christ pour d’autres membres souffrants du Corps du Christ, pour le Christ lui-même. Elle est, au-delà de nos bonnes volontés et de nos pauvretés, la prière de l’Eglise, du Peuple Sacerdotal, c’est à dire de chrétiens articulés, organisés, incorporés à l’unique prière du Christ.

Ces demandes nous montrent votre tendresse, votre compassion pour ces enfants. Elles nous redisent également combien ces enfants ont du prix aux yeux de Dieu, tout comme ces pauvres adultes qui les maltraitent, tout comme nous tous, enfants d’un même Père.

Nous savons combien il peut être frustrant ce manque d’informations, de contacts,  mais il en va ainsi de la gratuité de notre prière qui, en communion avec les Saints, nous redit le mystère de la Foi et cet Amour fou que Dieu a pour nous.